Situé à une trentaine de kilomètres à l’est de Paris, le Parc culturel de Rentilly – Michel Chartier abrite le château de Rentilly, musée intercommunal, ainsi que le siège de la Communauté d’Agglomération de Marne et Gondoire. Véritable poumon vert au cœur du territoire, il allie espaces naturels, propositions artistiques et patrimoine.

D’une superficie de près de 50 hectares, le domaine se compose de trois espaces paysagers distincts : le parc à l’anglaise, la perspective à la française et la forêt. Au fil des siècles et des propriétaires du domaine, les visages du parc n’ont cessé d’évoluer. Les amoureux de nature, les férus de spectacles, les amateurs d’art, les curieux, les petits, les grands… tous s’y retrouvent et profitent, selon les envies et les centres d’intérêt, du parc ou des rendez-vous culturels.

Le parc à l’anglaise

À Rentilly, le parc à l’anglaise s’étend sur une vingtaine d’hectares. Il couvre une grande partie nord du domaine et est caractérisé par de grandes pelouses dégagées, parsemées d’arbres exotiques ou indigènes et endémiques. La vue est ouverte vers l’est et la vallée de la Brosse ainsi que vers les communes de Bussy-Saint-Martin et Bussy-Saint-Georges.

C’est à la famille Thuret, propriétaire du domaine pendant la première moitié du XIXe siècle, que l’on doit la création du parc à l’anglaise. Elle transforme la longue avenue bordée d’ormes, tracée dans l’axe de la cour d’honneur du château (côté nord) permettant d’y accéder, et dessine, en remplacement, des allées sinueuses et sablonneuses, traversant le parc paysager et remontant jusqu’au château ; l’idée étant de permettre une découverte plus progressive des lieux.

De majestueux arbres d’essences diverses et exotiques sont plantés. Le parc est alors ceinturé de sauts-de-loup qui ouvrent la vue vers la campagne environnante.

En juillet 2003, le parc à l’anglaise fait l’objet de travaux conduits par la communauté d’agglomération. 850 arbres sont plantés, les sauts-de-loup, comblés au XXe siècle par la famille Menier, sont restaurés afin de rouvrir le parc vers la vallée de la Brosse et les paysages environnants. Les cheminements sont également réhabilités.

Les parcs à l’anglaise se caractérisent par des cheminements sinueux ouvrant sur des points de vue pittoresques. On y trouve une association de diverses espèces ornementales de formes et de couleurs variées, des arbustes, des fourrés… À l’inverse des jardins à la française, ils ne sont pas symétriques et sont conçus pour mettre en valeur des éléments naturels remarquables. L’itinéraire n’y est pas balisé, la promenade laissant une grande part à la surprise et à la découverte.

La forêt

D’une superficie de 19 hectares, la forêt se situe dans la partie ouest du domaine.

C’est au marquis René de Thomé, propriétaire du domaine à la fin du XVIIIe siècle, que l’on doit cette partie boisée du domaine, qu’il consacre à la chasse. Il y crée les carrefours en étoile et la clairière rectangulaire. Au cours de la première moitié du XXe siècle, la chasse est toujours pratiquée par la famille Menier, alors propriétaire du domaine, dans cette partie boisée alors plus étendue qu’aujourd’hui.

En décembre 1999, la forêt, comme l’ensemble du parc, subit les affres de la tempête Lothar, causant de nombreux dommages. Un tiers des espaces boisés a été défiguré et de nombreux arbres du parc à l’anglaise et de la perspective à la française ont été couchés, nécessitant des travaux de sécurisation de grande ampleur. À l’automne 2004, une nouvelle phase de travaux et d’aménagement lancée par la communauté d’agglomération débute afin de dégager les allées et d’ouvrir la clairière au cœur du bois. Une phase de plantation a lieu lors de l’hiver 2005 : des essences forestières sont plantées afin de remplacer les arbres disparus lors de la tempête. Les espaces boisés se reconstituent grâce à la colonisation d’essences pionnières, notamment l’érable, mais nécessiteront de nombreuses plantations, pour sauvegarder la biodiversité, initiées par un plan de gestion à long terme.

C’est dans un souci permanent de conservation, de restauration du patrimoine et d’ouverture à tous que la Communauté d’Agglomération de Marne et Gondoire a mis en œuvre, au fil des ans, un programme de restauration du domaine de Rentilly.

Des aménagements en faveur de la biodiversité ont été réalisés, tels que la création d’une prairie fleurie et d’un hôtel à insectes.

La perspective à la française

La perspective à la française s’étend sur un peu moins de 9 hectares, à l’arrière du château jusqu’au bassin de Diane, suivant une ligne droite de 350 mètres orientée sur un axe sud-ouest. Cette perspective court jusqu’à la pointe sud du domaine, ouvert sur la ville par la grille Noire.

La famille André, propriétaire du domaine au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, est à l’origine de la création du jardin à la française. Les transformations débutent en 1865 avec, à l’arrière du château, la construction d’un alignement de trois bassins disposés en cascade et d’une étendue de gazon remontant vers un quatrième bassin, celui dit de Diane, au sud du domaine. Cette pelouse, alors entourée de marronniers, est aujourd’hui bordée d’érables.

La perspective à la française est organisée autour de trois bassins de 3 000 m² réalisés en béton aggloméré, selon la technique de Coignet (une des premières réalisations en béton), et entourés d’un double alignement de tilleuls. Des témoignages visuels, photographies anciennes et plans d’archives montrent la présence d’une terrasse surplombant le troisième bassin. Celle-ci complétait alors les jeux de perspective et permettait d’avoir un point d’observation de l’ensemble du jardin.

Elle disparaît complètement après des travaux de réhabilitation dans les années 1950, travaux nécessaires après les destructions de la guerre. La pente gazonnée évoque encore cette terrasse aujourd’hui.

Dès 2007, la perspective à la française refait peau neuve. Des travaux s’étendent sur plusieurs années et portent sur la remise en eau, l’étanchéité, l’alimentation des trois bassins disposés en terrasse et sur la fontainerie. Au début des années 2020, de nouveaux travaux améliorent la remise en eau et permettent la création de majestueux jets d’eau.

Lors de la réhabilitation de la perspective à la française, le Parc culturel de Rentilly – Michel Chartier fait appel à l’artiste Stéphanie Buttier, qui intervient à la fois sur le gradin semi-circulaire, à l’emplacement de l’ancienne terrasse, et au bassin de Diane. Des éléments en céramique gravés de citations de Victor Hugo, réalisés par l’artiste, viennent orner les socles, l’escalier du gradin et le gradin semi-circulaire.

Un important programme de plantations est lancé, tout en essayant de conserver les arbres existants. Ce programme concerne les tilleuls mais aussi les marronniers ; ces derniers ont depuis disparu et ont été remplacés par des érables. L’ensemble des vieux tilleuls formant les alignements autour des bassins a été retiré en 2011 et remplacé par de jeunes individus de la même espèce. Les travaux s’attachent aussi à la remise en état des chemins.

La gestion du parc

Répondant à un principe d’entretien et de sauvegarde des espèces végétales qui s’y trouvent, le parc bénéficie d’un plan de gestion, et ses arbres d’une attention particulière. Ce plan permet un état des lieux précis et envisage des recommandations pour pérenniser son maintien, son aspect et son patrimoine arboré.

La gestion mise en place dans le parc repose sur le principe qu’un arbre n’a pas besoin d’être taillé : il grandit et se développe sans nécessité d’intervenir. Les interventions humaines sont motivées par des besoins spécifiques, telles que des interventions de sécurisation. Les arbres du parc sont gérés en port libre et, à l’exception de quelques-uns d’entre eux très spécifiques, ils ne font pas l’objet de taille architecturée.

Le précédent plan de gestion du parc a permis de multiples réalisations, allant de la coupe d’arbres malades à la plantation de nombreuses espèces. Les actions prévues dans le cadre de ce plan de gestion sont menées dans un souci de favoriser la biodiversité, tant au niveau de la flore que de la faune.

Le plan de gestion actuel a été établi en 2023 et propose :

  • de restaurer des tableaux paysagers, pour la plupart inscrits dans le jardin à l’anglaise ;
  • de répondre aux enjeux actuels de limitation des gaz à effet de serre et de recherche du maintien de la biodiversité ;
  • d’éviter l’uniformisation des massifs d’arbres et d’arbustes ;
  • de briser les lignes de taille trop rigides des houppiers en créant des strates basses d’arbustes ;
  • de conserver et de mettre en avant les vieux arbres, tout en anticipant leur renouvellement ;
  • de créer de nouveaux chemins dans le bois afin de mettre en valeur certains éléments patrimoniaux du domaine ;
  • de redonner vie aux anciens cheminements d’eau.
La faune du domaine de Rentilly

Chevreuils, écureuils roux, nombreuses espèces d’oiseaux (mésanges charbonnières, geais des chênes, perruches à collier, buses, pics noirs et pics verts, pigeons et pigeons ramiers…), lièvres, mais aussi taupes, renards, chauves-souris et crapauds… ont élu domicile dans le parc de Rentilly.

Tout comme pour les espèces végétales, le plan de gestion du parc s’intéresse à la préservation des espèces animales qui le peuplent. Ainsi, des refuges pour les oiseaux et les chauves-souris ont été installés dans certains arbres, des pierres à sel et du foin sont mis à disposition des chevreuils, un hôtel à insectes et différentes boîtes ont été installés dans le bois, servant d’abri et de lieu de reproduction aux insectes.

Dans un souci de préservation ou de renforcement des corridors de déplacement naturels, appelés « trames écologiques », des dispositifs permettant de recréer un réseau de survie pour les espèces animales sont mis en place. Ainsi, un crapauduc, dans le bois, offre aux crapauds un passage sécurisé sous la route Thibaud de Champagne pour rejoindre le plan d’eau de la zone industrielle du Gué Langlois. De la même façon, un écuroduc, installé à proximité de la grille d’honneur du parc, permet aux écureuils roux ou à d’autres petits animaux arboricoles comme les martres de traverser en hauteur, en toute sécurité, la route D217B vers Saint-Thibault-des-Vignes.

Enfin, de petits groupes de résineux ont aussi été plantés pour fournir une ressource nourricière (cônes) aux écureuils.

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Mise à jour le vendredi 6 novembre 2026

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