Parc culturel de Rentilly

Projet plastique de Nicolas Rouxel-Chaurey


Nicolas Rouxel-Chaurey

Photographie, vidéo puis installations plastiques constituent les supports artistiques de Nicolas Rouxel-Chaurey (NRC). Son processus de création a pris le nom de E point R, désignant ainsi à la fois ses installations, son travail d’écriture, de photographie ou ses réalisations filmiques. Tous ces volets sont liés entre eux par de multiples correspondances.

En 2008, le Parc culturel débute une collaboration avec l’artiste lors du festival PrinTemps de paroles au cours duquel ses sculptures de papier prennent place autour des arbres du parc.
Le début de l’année 2010 marque une nouvelle étape dans la collaboration du Parc culturel avec Nicolas Rouxel-Chaurey, le parc offrant à l’artiste la possibilité d’une création dans la forêt qui s’inscrit dans le projet E point R (E.R).

Le travail de NRC se constitue de matériaux dits précaires, tels que des journaux, des livres de poésie, des lettres manuscrites, de la ficelle de facteur et des cagettes. L’idée de matériau pauvre, de récupération et sans valeur fait partie de sa démarche artistique. Ce sont alors ces « sculptures » de papier qu’il livre à la nature dans l’idée que cette dernière opère dessus un travail de transformation, avec une intervention humaine très limitée. Il met dehors ce à quoi il tient le plus.

Son œuvre est une métaphore de notre rapport à l’existence et l’une des questions sous-jacentes à ses interventions est celle de l’humanité dont on peut être capable. Comment prendre soin, panser des plaies, soulager un martyr subi ? La recherche d’un havre, d’un refuge est également une notion très présente dans ce travail.

Le lieu de l’installation a une importance forte, puisque ces « maisons de papier » prennent place dans des endroits que N. Rouxel-Chaurey nomme des délaissés, lieux, où habituellement personne ne se rend. La structure « Des laissés pour compte : un pâle reflet du réel » trouve une place de choix au Bassin de Diane en 2012 après avoir séjournée dans la forêt depuis 2010.

En septembre 2013, l’exposition Toujours de l’aube et de ce soin s’ouvre dans la salle des trophées et les Bains turcs. Châssis, campanile de papier, « gisants » et cagettes y sont présentés jusqu’au 8 décembre et répondent à l’installation du Bassin de Diane.

Un laboratoire in situ - Paroles de l’artiste

« Des laissés pour compte : un pâle reflet du réel »

« Le terme de « délaissés » revêt pour moi une dimension importante. Que faisons-nous des lieux dont personne ne veut ?

L'essentiel de mon travail s'établit dans ces non-lieux, au pied des forêts linéaires, sur les routes abandonnées, dans les bords d'autoroute, au cœur des ronds points, à la limite de la cité, afin de reprendre une question simple : à quel moment avons-nous droit de cité ?
Le choix est fait : installer, organiser, composer sur d'anciens tracés routiers, habiter des territoires « livrés à eux-mêmes »:  les délaissés.

C'est un pari sur l'intenable mais les dix dernières années ont démontré que cela est possible.
Jusqu'en 2014 je propose à Rentilly un laboratoire des papiers. Nous venons avec l'idée d'une œuvre en préparation, au moment où invisible, elle devient visible. « Les délaissés pour compte, un pâle reflet du réel » sont aussi l'histoire d'une genèse. Je souhaite voir de quelle manière le Parc accueillera les papiers, qui ont la caractéristique d'être particulièrement réactifs aux lieux, c'est à dire sensibles, émotifs : le papier devient résineux lorsqu'il est déposé dans une forêt de pins, il se vitrifie lorsqu'il est laissé en altitude, il porte la marque des embruns lorsqu'il est en bord de mer.

Élire un délaissé n'est pas un acte aléatoire : il faut voir de quelle manière l'air y circule. Le papier redoute non la pluie, le vent, la neige ou le froid, ni encore le soleil mais particulièrement la macération, la chute au sol.

L'installation reçoit un soin constant. Je viens filmer et photographier, retourner les papiers, à la manière des « remueurs » dans les caves de Champagne, qui impriment des mouvements longs et laborieux aux bouteilles.

Les cageots accueillent les documents de la mémoire du monde, de l'écrit. Je nomme les cagettes « les plateaux repas » – « les dé-laissés pour compte », où sont déposés de l'iconographie des journaux européens que j'examine (Le Monde, Die Zeit, Frankfurter Allgemeine...), les tickets de transports, des photographies, des photocopies, des textes, des gros titres, des tickets de paiement...

Le laboratoire constitue l'étape précédant un nouveau cycle dans ma démarche : les maisons de papier. Ces maisons seront des invitations à réfléchir sur la connaissance, sur les mots fondateurs : refuge, hospitalité, lois, liens, lieux.»   
  
Nicolas Rouxel-Chaurey, assisté de Emmanuelle Laboue

(c) Nicolas Rouxel-Chaurey

(c) Nicolas Rouxel-Chaurey

(c) Nicolas Rouxel-Chaurey

(c) Nicolas Rouxel-Chaurey

(c) Nicolas Rouxel-Chaurey

(c) Nicolas Rouxel-Chaurey

Nouvel emplacement de l’œuvre de Nicolas Rouxel-Chaurey, l’œuvre Des laissés pour compte : un pâle reflet du réel se situe désormais au niveau du bassin de Diane

Parc culturel de Rentilly / Communauté d'Agglomération de Marne et Gondoire
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